Médiation crédit et après-crise

Le PGE a permis à de nombreuses sociétés de survivre jusqu’ici, mais elles devront faire face aux conséquences

Pour les entreprises, c’est une période, en tous points inédite qui est en train, espérons-le, de s’achever. Le bilan des sociétés qui ont clôturé leurs comptes le 31 décembre dernier le confirme : pour près de 80 % d’entre elles l’année s’est finalement révélée bonne. La situation est évidemment très différente pour les acteurs du CHR (commerce-hôtel-restaurant), de l’événementiel, du voyage ou encore de la culture.

2020 a pourtant été marquée par une baisse de 36 % des ouvertures de procédures collectives sur le plan national. Mais personne n’est dupe : le nombre historiquement bas de défaillances s’explique par la mise sous perfusion de nombreux acteurs, via les fermetures administratives et les aides de l’État. Les Prêts garantis par l’État (PGE) se sont avérés une solution très efficace pour permettre à une structure de survivre à court terme. Mais les véritables dégâts apparaîtront inévitablement cette année. La fermeture du robinet d’aides va se traduire par une forte augmentation du nombre de liquidations. Un premier indicateur laisse peu de doutes à ce sujet : l’explosion du recours à la médiation du crédit du fait de l’endettement. La médiation a été saisie en 2020 à 14.000 reprises, soit 14 fois plus qu’en 2019 ! Un chiffre proche du record (16.000) atteint en 2009 à la suite de la crise financière et économique des subprimes.

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Recours massif au PGE : des conséquences non-neutres pour les entreprises

Le PGE a été une intense source de questionnements dans les directions d’entreprise. Dans les faits, nombre de sociétés dont l’activité n’était pas directement impactée par la crise ont perçu ce prêt comme une opportunité. Au bout du compte, 80 % des entreprises pourraient avoir eu recours à un PGE.

Inévitablement se pose ici un enjeu : celui du remboursement. Les conditions initiales prévoient la possibilité de différer celui-ci d’un an, auquel est venue s’ajouter la possibilité d’une année supplémentaire. Ce n’est donc qu’en 2022 que nous saurons précisément quelles structures rembourseront directement, et lesquelles auront à l’amortir sur plusieurs années.

Or, rappelons qu’en cas d’amortissement, le PGE devient de l’endettement, avec une conséquence inévitable : un impact sur les capacités de remboursement des entreprises. Pour toute entité, souscrire un PGE a pour effet de diminuer naturellement ses capacités d’endettement à l’avenir. Au-delà de la question des futures défaillances, voilà donc une autre conséquence importante : les entreprises rencontreront davantage de difficultés à se développer demain.

Un contexte encore marqué par la frilosité des banques

Cette réalité a évidemment été intégrée par les établissements bancaires. Depuis plusieurs mois on observe à quel point les banques ont une posture défensive face aux demandes de crédit. La souscription ou non à un PGE, est systématiquement l’une des premières questions posées par nos interlocuteurs. Des projets très solides rencontrent encore aujourd’hui de grandes difficultés à être accompagnés. Il est plus que temps que les établissements bancaires fassent preuve de moins de frilosité en la matière. La période d’entre-deux que nous vivons doit être mise à profit par les entrepreneurs pour investir. La levée des restrictions montre à quel point la population a plus envie que jamais de consommer, alors même qu’ils ont épargné quelques 142 milliards d’euros de plus que d’habitude au cours de la pandémie.

Dans ce contexte, les entreprises doivent bien s’entourer pour bénéficier d’une expertise précieuse notamment sur l’importance de leur gestion patrimoniale dans l’évaluation de leur projet professionnel. En cas de difficultés importantes, c’est le médiateur de crédit qui s’avérera un outil décisif pour convaincre les banques de ré-étaler leurs dettes. Avec à la clé un enjeu crucial : éviter d’être fiché à la Banque de France pour liquidation, ce qui dans notre pays, limite fortement la capacité à obtenir un nouveau prêt à l’avenir.

Source : https://www.agefiactifs.com/mediation-credit-et-apres-crise-90649

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